Rock poétique (Paris)


Album Vivre comme on éclaterait
Sortie le 27 juin 2025
Microcultures / l’Autre Distribution
Fine Lame est un groupe de rock poétique incisif.
Enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, il convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon.
Le parlé-chanté francophone et le spoken word poétique se réunissent ici dans une dimension incantatoire marquée.
Un rock enfiévré mené par les claviers de Mathias Bourre, soutenu par la batterie et les percussions de Frank Quintard, tisonné par la guitare ou la basse de Thomas Gendronneau, porte la voix puissante de Raphaël Sarlin-Joly.
D’un creuset d’influences musicales diverses (post-punk, jazz, noise…) émerge une déclamation poétique imprécatoire. Ce déclamatoire s’entremêle à la brutalité des compositions pour se faire tour à tour l’expression d’une rage sourde ou de la vulnérabilité des failles intérieures, et dessine une dimension cérémonielle et chamanique.
Le groupe a sorti un premier EP 5 titres le 29 novembre 2022 (CD/numérique – Microcultures/Kuroneko), qui évoque tant le désenchantement historique, la fin de siècle, la mélancolie contemporaine, que l’envoûtement spectral de la nuit.
Il dévoile aujourd’hui un second EP (CD/numérique/Microcultures/l’Autre Distribution), Vivre comme on éclaterait, fait de 6 titres en français, enregistré et mixé par Thomas Lascoux au studio La Kapsule.
Recueil habité de visions hallucinées servies par des instrumentaux enlevés, il s’autorise aussi des morceaux plus tendres, tel que le lancinant Peines perdues. En lorgnant mélodiquement presque du côté de la chanson française, il en explore ses possibilités de diffraction par le spoken word (Renverse le soleil sur la table), voire le jazz, influence notable sur la ballade en cinq temps Librement, comme un cri. L’EP culmine avec la folle embardée crépusculaire Cha-cha-cha de L’Apocalypse et le morceau-titre, point d’orgue incendiaire d’un objet tiraillé entre colère, tristesse et extase.
Comme l’expose le poète Tom Buron dans sa note d’accompagnement :
« D’emblée, il y a quelque chose de l’ordre de l’arôme oublié, d’une lumière qui nous avait été un peu masquée, gênée, cernée par les ruines, dans ce six-coups apocalyptique, et par-là même, une évidence : Fine Lame investit depuis son premier EP un terrain aujourd’hui dépeuplé, un espace orphelin au sein du rock français, celui du geste littéraire et du vieux mystère acoquinés à l’électricité.
Par la puissance déclamatoire, souvent oraculaire, de la poétique de son chanteur, Raphaël Sarlin-Joly, le quatuor transfigure le spoken-word hexagonal ; ici, Nick Cave, Noir Désir, Ferré et Thiéfaine en vigie, là-bas, quelques vieux chamanes ayant fréquenté Cendrars en d’autres terres inclassables. Dans ce chaos organisé entre peines perdues et cha-cha-cha, poème et musique se nourrissent l’un de l’autre sans se dévorer, officialisent une rencontre qui n’est ni un hasard, ni un affrontement : Vivre comme on éclaterait constitue bel et bien autant un disque de rock qu’un acte pur de poésie. »



